Michael Powell est un réalisateur britannique, né le 30 septembre 1905 à Bekesbourne
et mort le 19 février 1990 à Avening (Gloucestershire). Avec Emeric Pressburger il réalise plusieurs classiques du 7e art : « Colonel Blimp », « Une question de vie ou de mort », « Le Narcisse noir », « Les Chaussons rouges », « Les Contes d’Hoffmann ». Seul, il réalise un autre classique : « Le Voyeur ». Son père est cultivateur. Après sa scolarité à la King’s School de Canterbury puis au Dulwich College, Powell commence en 1922 à travailler dans une banque. Grâce à son père, propriétaire d’un hôtel sur la Riviera de Nice, il est introduit auprès de Rex Ingram, réalisateur américain d’origine irlandaise, en tournage sur la Côte dans les studios de la Victorine. Ingram l’engage pour jouer la comédie et comme assistant directeur. Powell apparaît brièvement dans Le Magicien (1926), puis dans une série de films itinérants, les Riviera Revels, et plusieurs comédies loufoques qui l’occupent pendant trois ans. Cette expérience lui est profitable. Il met à profit sa présence sur les plateaux pour observer la fabrication des films et se former aux techniques de production, à la mise en scène, au cadrage et à la direction d’acteurs. De retour en Angleterre en 1928, il est engagé par Hitchcock sur « Champagne » en tant que photographe de plateau. Hitchcock, qui déteste les photographes, est séduit par le jeune homme et l’engage pour son prochain film, « Blackmail », tourné l’année d’après, et qui est aussi son premier parlant. Powell collabore en tant qu’assistant. Le film est célèbre pour sa poursuite de fin dans la salle de lecture et sur le dôme du British Museum. C’est Powell qui a suggéré cette idée au maître du suspens, lors de la réécriture du scénario. Il tourne ensuite, à la demande du producteur américain Jerry Jackson, une série de « quotas quickies », ces petits films des années 1930, d’une durée avoisinant une heure, tournés à la va-vite pour précéder la projection des films américains dans les salles de cinéma britanniques. Jusqu’en 1937 il en tourne en moyenne cinq par an et développe ainsi son habileté derrière la caméra. Il réalise en tout 23 films entre 1931 et 1936, dont les plus notables sont « Red Ensign » (1934) et « Phantom Light » (1935).
Il réalise en 1937 son premier long-métrage, « À l’angle100′ du monde », dans les îles Shetland : la critique le compare alors à « Flaherty ».En 1939, Powell est engagé par Alexander Korda pour mettre en scène et réaliser « L’Espion en noir » avec Conrad Veidt. Le scénariste est Emeric Pressburger, avec lequel il va collaborer pendant plus de quinze ans. Alexander Korda, tycoon des studios anglais, lui confie la coréalisation du « Voleur de Bagdad » (1940), remake de l’œuvre tournée par Raoul Walsh en 1924. Le film, commencé dans les studios anglais, est terminé à Hollywood et primé pour les meilleurs effets spéciaux. À la demande du gouvernement britannique, Powell réalise « 49e Parallèle » (1941), une œuvre de propagande pour encourager l’entrée en guerre des États-Unis. À l’issue du film il crée en 1943 avec Pressburger la compagnie indépendante « The Archers Films Production ».