Kihachi Okamoto
Kihachi Okamoto de son vrai nom Kihachirō Okamoto est un réalisateur japonais, né le 17 février 1924 à Yonago (préfecture de Tottori) et mort le 19 février 2005 à Kawasaki (préfecture de Kanagawa) au Japon d’un cancer de l’œsophage. Sa carrière a connu son apogée au cours des années 1960. Okamoto a étudié à l’université Meiji, mais il a été mobilisé dans l’armée de l’air en 1943 et a pris part à la Seconde Guerre mondiale, une expérience qui a profondément influencé son œuvre cinématographique ultérieure, dont un tiers traitait de la guerre. Après avoir enfin obtenu son diplôme à la fin de la guerre, il entra aux studios Toho en 1947 et travailla comme assistant auprès de réalisateurs tels que Mikio Naruse, Masahiro Makino, Ishirō Honda et Senkichi Taniguchi. Il fit ses débuts en tant que réalisateur en 1958 avec « All About Marriage ».
Okamoto a réalisé près de 40 films et écrit les scénarios d’au moins 24 d’entre eux, au cours d’une carrière qui s’est étendue sur près de six décennies. Il a travaillé dans divers genres, mais s’est surtout illustré dans les films d’action tels que les jidaigeki et les films de guerre. Il était connu pour ses films aux rebondissements inattendus. Inspiré par le film Stagecoach de John Ford, il a intégré des éléments du western dans des films de guerre comme « Desperado Outpost » (1959) et « Westward Desperado » (1960) et a même fini par réaliser son propre western de samouraïs avec « East Meets West » (1995). Amateur de comédies musicales, il a réalisé des films extravagants tels que » Oh Bomb » (1964), une comédie musicale Nô sur le thème du gangster, et « Dixieland Daimyo » (1986), qui raconte l’histoire de musiciens de jazz arrivant au Japon à l’époque Bakumatsu. Dans l’ensemble, il adoptait « une approche très rythmée pour filmer et monter les séquences d’action. Le placement minutieusement chronométré des effets sonores et de la musique, combiné aux mouvements de caméra et aux déplacements à l’intérieur du cadre, formait un tout très rythmé, presque musical. » Sa position fondamentalement critique envers la société japonaise l’a souvent conduit à explorer la satire et l’humour noir ; son film « The Age of Assassins » (1967) était d’ailleurs si sombre et absurde que Toho a d’abord refusé de le distribuer.
Okamoto savait aussi se montrer sérieux. Ses films de samouraïs, tels que « Samurai Assassin » (1965), avec Toshiro Mifune, qui raconte l’histoire d’un groupe d’agitateurs politiques du 19e siècle projetant d’assassiner un haut fonctionnaire du gouvernement, « The Sword of Doom » (1966), ou « Kill! » (1968), critiquaient souvent le bushidō et le Japon de la période Tokugawa. Il abordait toutefois cette critique selon sa propre perspective. Toho lui confia l’épopée » Japan’s Longest Day » (1968), une adaptation cinématographique de ce qui arriva au Japon officiel à la fin de la guerre, mais l’année suivante, il réalisa également « The Human Bullet » pour Art Theatre Guild, une vision plus personnelle et satirique de l’expérience d’un homme ordinaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Afin de mener à bien certains de ses projets, Okamoto fonda Okamoto Productions. Sa femme, Mineko Okamoto, a souvent travaillé comme productrice sur ses œuvres tardives.
Il a remporté le Prix de l’Académie japonaise du meilleur réalisateur en 1992 pour « Rainbow Kids ». Aux côtés d’Akira Kurosawa, Okamoto était également candidat pour réaliser les séquences japonaises de « Tora! Tora! Tora! » (1970), mais ce sont finalement Kinji Fukasaku et Toshio Masuda qui ont été choisis.
Une photographie d’Okamoto a été utilisée pour incarner le personnage de Goro Maki dans le film de 2016 « Shin Godzilla », réalisé par Hideaki Anno, un admirateur déclaré d’Okamoto.