Jan Bucquoy

Jan Bucquoy

Jan Bucquoy, né le 16 novembre 1945 à Harelbeke (province de Flandre-Occidentale), est un artiste post-surréaliste belge et situationniste. Metteur en scène de théâtre, scénariste de bande dessinée, réalisateur de cinéma et auteur de nombreux happenings, il est surtout connu pour ses interventions intrépides à la télévision, son coup d’État annuel à Bruxelles et ses musées plus ou moins durables, tel que le Musée de la femme où des femmes nues étaient exposées — ou le Musée du slip, installé au premier étage du Dolle Mol, célèbre café libertaire de Bruxelles qu’il anima durant de nombreuses années. Il étudie la littérature à Grenoble, la philosophie à Gand, la réalisation à Bruxelles (Institut national supérieur des arts du spectacle et des techniques de diffusion) et les sciences politiques à Strasbourg, et dans la même ville à l’École supérieure d’art dramatique. À Strasbourg, pendant ses études, il commence ses expérimentations de théâtre avec le Laboratoire d’action populaire (LAP) dans lequel il est directeur de troupe. Il met en scène des pièces de Vsevolod Meyerhold, Bertolt Brecht, Rainer Werner Fassbinder, Erwin Piscator et Michel de Ghelderode. De ce dernier il met en scène à Narbonne : Barabbas, Christophe Colomb, Hop Signor !, Masques ostendais et Sortilèges (cette dernière en collaboration). Pendant une tournée dans le Nord de la France durant l’été 1966, il met en scène Huis clos de Jean-Paul Sartre. À Paris, il fait scandale en présentant la pièce de Rainer Werner Fassbinder « Les Larmes amères de Petra von Kant » avec une handicapée poussée dans une chaise. À Grenoble, il sympathise avec Jean-Luc Godard et travaille dans son studio avec les bandes magnétiques afin de rendre le cinéma plus léger dans le transport. Il expérimente avec les acteurs : théâtre en rond/théâtre en bloque, dans lequel on voit les acteurs de tous les côtés, méthodes de relaxation d’acteurs comme dans sa mise en scène de Christophe Colomb, dans laquelle les acteurs doivent expérimenter la peur de la chute à la fin du monde dans le bateau sous une forme d’hypnose. Ces expériences de théâtre lui sont utiles plus tard comme réalisateur de cinéma (direction d’acteurs). Aux limites du réel : la série Jaunes. C’est le premier volume de la série Jaunes, Labyrinthe étant le dernier de la série de sept albums. Le Bal du rat mort fut le premier album à succès de Jan Bucquoy, édité à plusieurs reprises par les éditeurs Michel Deligne et Glénat en français et en néerlandais. L’auteur est apparenté au réalisme magique, dont Le Bal du rat mort était le premier volume dans ce style, ainsi que démontre aussi sa série de bande dessinée Daniël Jaunes avec dessins de Tito.
Autre bande dessinée fantastique du même auteur et comparaison: La Nuit du Bouc, album de la série Alain Moreau dont il est le scénariste, et qui est dessinée par Marc Hernu. Le monde du fantastique prend une place importante dans l’œuvre du scénariste du Bal du rat mort. Dans La Nuit du bouc, Jan Bucquoy développe déjà le thème de la sorcellerie avec l’adoration d’un bouc. De même avec Retour au pays noir le protagoniste va à la recherche de sa vraie identité en confrontation avec son passé et les révoltes minières. Dans La Nuit du bouc, un curieux personnage nommé Stassen, qu’on appelle « vieux fou », est un chasseur de rats mais il chasse aussi les chats qu’il écorche et qu’il pend ensuite à sa porte la nuit du bouc. C’est une allusion au personnage de Myriam la prostituée dans Le Bal du rat mort, qui dit à Jean Lamorgue après une nuit d’amour : « Non, je n’aime pas les rats, je préfère les chats ! » et à la question de Lamorgue : « Vous n’avez rien remarqué ? » elle répond : « Si, les chats sont repartis en Mésopotamie… ». Ce qui veut dire que les chats ont abandonné la lutte contre les rats à Ostende. Il est écrivain et auteur d’une cinquantaine de bandes dessinées : il a notamment publié la série Jaunes (citée en haut) avec Tito inspirée par Alfred Korzybski, Les Chemins de la gloire (Glénat, coll. « Vécu », 1985) avec Daniel Hulet, Une Épopée française (Glénat, 1990) avec Sels et une parodie pornographique de Tintin, qu’il n’hésite pas de présenter par le personnage du présentateur de Radio Cosmos (Claude Semal) dans une scène délirante avec Lolo Ferrari dans le film culte « Camping Cosmos ». Sans oublier le thriller Le Bal du rat mort (Glénat, 1986) avec J.F. Charles qui se passe entièrement à Ostende (à l’exception de quelques scènes à Bruxelles) et qui obtient le prix Saint-Michel de la meilleure bande dessinée en 1981. Son film La Vie sexuelle des Belges 1950-78[13] est basé sur les albums de sa série de bande dessinée Jean-Pierre Leureux (Brèves Rencontres (1987) et Tout va bien (1990), dessinés par Jean-Philippe Vidon), dans laquelle il incarne son personnage principal. En 1993, il sort La Vie sexuelle de Tintin, une parodie érotique qui lui vaut un procès pour contrefaçon dont il sort vainqueur. Des planches et des toiles de cette BD sont exposées en 2016 au Musée de l’érotisme et de la mythologie à Bruxelles. Ces films partent souvent d’un sujet politique entraînant les protagonistes dans des situations burlesques, la vie sexuelle étant une métonymie pour la vie sentimentale.
Influencé par le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem et de La Société du spectacle de Guy Debord, il considère le monde des médias comme un spectacle continuel qui est transformé en marchandise par le capitalisme. Ceci explique en partie ses manifestations orageuses à la télévision. Son approche de la psychanalyse de certains personnages comme Lolo Ferrari et Tintin est due à sa lecture des Écrits de Jacques Lacan pour lequel il a une grande admiration. Son titre du film La Jouissance des hystériques avec Claude Semal est tiré de l’ouvrage La Jouissance de l’hystérique de Lucien Israël, un des nombreux élèves de Lacan. Jan Bucquoy était considéré par le surréaliste belge Marcel Mariën (L’Imitation du cinéma) comme étant son unique adepte. L’auteur a aussi été influencé par le livre de Desmond Morris : Le Singe nu et ceci dans son approche animale de la sexualité humaine et la comparaison des hommes avec des singes. Déjà dans sa jeunesse, il avait participé à une révolte ouvrière dans les usines Usinor à Dunkerque et plus tard il aurait été participant de la fameuse Radio Uilenspiegel qui défendait la cause des Flamands dans le Nord.
Outre les films réalisés ou dans lesquels il a joué, Jan Bucquoy est connu pour une série d’extravagances et de manifestations anarchistes. Dont :
création d’un musée de la femme et d’un Musée du slip, 1030 Bruxelles dont il était le conservateur (1990). Le musée du Slip a été recréé en 2009 ; il a créé en 1990 le magazine satirique Belge, (30000 exemplaires) ; il brûle une toile de René Magritte (1991) ; il recouvre folkloriquement d’un vulgaire slip son Altesse Royale, le tout encadré et sous verre ; Il n’hésite pas à participer aux entartements de figures politiques et des médias (par exemple : Daniel Toscan du Plantier) à la demande de son complice Noël Godin ; décapitation du buste du roi Baudouin de Belgique sur la Grand-Place de Bruxelles (1992).
Jan Bucquoy lors de son exposition dans la galerie Manaart, décembre 2008.
première tentative de coup d’État le 21 mai 2005, annoncée depuis plusieurs années : manifestation et arrestation à la sortie de la place Royale, bordure de la « zone neutre », qu’il a réussi à traverser après négociation, alors qu’il lance, seul, l’assaut contre les forces de l’ordre, brandissant un drapeau anarchiste de son cru (fruit rouge et banane sur fond noir), pendant que Noël Godin chante l’hymne : Amusons-nous / Faisons les fous / La vie est si courte après tout / Ouh-ouh ; deuxième tentative de coup d’État le 21 mai 2006, arrestation par deux policiers dans la zone neutre autour du parlement ;
troisième tentative de coup d’État le 21 mai 2007, parvient après discussion avec un monsieur en cravate à pénétrer avec son complice à l’intérieur du palais royal. Sort discrètement par l’arrière toujours avec son compagnon sous les seuls regards de gens assermentés et d’un cycliste en chaussures noir-jaune-rouge, pantalon de treillis vert kaki, braguette ouverte, slip jaune, sachets en plastique bleu-blanc-rouge, pull jaune en coton de la 3e batterie de cuisine du 61e RA dont la devise est Sursum Corda (Élevons les cœurs), perruque-bonnet rasta ; quatrième tentative de coup d’État le 21 mai 2008, de nouveau un très bel échec, la partie n’est pas terminée.

CAMPING COSMOS

1996

fr

88'

Le film se déroule au camping Cosmos, sur la côte où Bucquoy est détaché par le ministère de la culture pour animer la saison avec « Mère courage », de Brecht, initiation à la poésie moderne, et des conférences de l’écrivain-philosophe Pierre Mertens. C’est le moment que choisit sa fille Eve, après six semaines de fugue, pour arriver au camping désespérée, soupçonnant maintenant le monde entier de n’être qu’un gros mensonge.

La Vie sexuelle des Belges 1950-78

1994

fr

89'

Une histoire de la sexualité belge à travers la propre expérience du réalisateur, Jan Bucquoy, de sa naissance à ses 28 ans.

La Jouissance des hystériques

2000

fr

84'

Jan Bucquoy, cinéaste, est confronte à l’échec de sa vie sentimentale et idéologique. Pour y voir plus clair, il monte un projet de film autour du thème de la vie de couple et ses aléas. Grâce au projet, il rencontre deux jeunes femmes intelligentes, libres et indépendantes. Elles vont jouer, sans le savoir, un rôle de catalyseur pour que Jan redémarre une nouvelle vie, renaissant, tel le phenix, des cendres du Vieux Monde.

La Vie politique des Belges

2002

fr

93'

documentaire

La Vie politique des Belges est un film sur les élections législatives belges de 1999. Il est amusant de voir la confrontation de deux partis politiques minuscules opposés : les partis politiques s’appellent Tarte et Vivant ; le dernier mené par le Richard Branson belge : Roland Duchâtelet. Jan Bucquoy y mène la barque de Noël Godin et de Benoît Poelvoorde, qui se font entraîner dans ce tourbillon de farces et de make-up de la vie politique belge.