Arne Mattsson
Arne Mattsson est un réalisateur suédois, né le 2 décembre 1919 à Uppsala et mort le 28 juin 1995. Il est tout d’abord l’assistant de Per Lindberg et auteur de quelques documentaires. Il dirige son premier long métrage en 1944, une enquête plus ou moins sociologique ayant une trame romanesque. À partir de 1945 il s’essaye au registre de la comédie, puis au policier à partir de 1947. Le cinéma scandinave fit une rentrée remarquée sur le marché international en 1951, sans doute grâce à Mademoiselle Julie d’Alf Sjöberg, mais aussi grâce à Elle n’a dansé qu’un seul été, « Hon dansade en sommar », dont la scène d’amour au bord du lac entouré de roseaux devait compter dans la (petite) histoire du cinéma. Mattsson, l’auteur de ce film érotique (du moins apparaît-il ainsi à l’époque) qui produit l’effet d’une bombe, avait fait ses premières armes dans l’industrie cinématographique comme assistant de Per Lindberg et en signant en 1942 un court métrage « le Régiment de Halland ». Neuf ans plus tard, il avait déjà signé quinze longs métrages, dont « Rötäg » (1946) et « Farlig var » (1949). À la vérité, Elle n’a dansé qu’un seul été est une œuvrette plutôt racoleuse et, si Mattsson mérite une place au palmarès du cinéma scandinave, c’est grâce à trois films ultérieurs : « Kärlekens bröd » (1953), qui traite de la guerre opposant en 1939 l’URSS et la Finlande ; « Salka Valka » (1954), d’après un roman de Halldor Laxness dépeignant une communauté de rudes et robustes pêcheurs, et « Hemsöborna » (1955), qui retrouvait le ton savoureux et la sinistre allégresse du roman de Strindberg fondé sur la vie des habitants de l’archipel de Stockholm. Depuis les années 50, Mattsson se consacre à la réalisation de thrillers clinquants qui lui ont valu le sobriquet de « Hitchcock suédois », mais dans lesquels il ne témoigne guère de la subtilité de son modèle. Parmi ses dernières œuvres, seuls « Vaxdockan » (1962), étrange évocation de E.T. A. Hoffmann, et « Yngsjömordet » (1966) peuvent encore retenir l’attention.