Vsevolod Pudovkin

Vsevolod Pudovkin

Vsevolod Illarionovitch Poudovkine est né le 28 février 1893 à Penza et meurt le 30 juin 1953 à Riga, c’est un réalisateur, scénariste et acteur soviétique, théoricien du montage. Il naît dans une famille paysanne. En 1897, le père de Poudovkine, commis-voyageur, installe sa famille à Moscou. À partir de 1900, Poudovkine fait ses études au gymnasium, puis à la faculté des Sciences Physiques et mathématiques de l’Université de Moscou, jusqu’en 1914. Puis sa mobilisation dans l’artillerie l’empêche de passer ses examens de fin d’études. Pendant la Première Guerre mondiale, Poudovkine est grièvement blessé et sera fait prisonnier en 1915. Il met à profit trois années de captivité pour apprendre l’anglais, l’allemand et le polonais. À la faveur des désordres nés d’une révolte de la marine, en 1918 à Kiel, Poudovkine s’évade. Il met huit mois pour atteindre Moscou. Pendant la guerre civile russe, Poudovkine réalise plusieurs agitki. En 1920, la vision du film Intolérance de D. W. Griffith, le conquiert définitivement au cinéma. Admis sans examen à l’École d’État de la cinématographie, il est un temps élève de Lev Koulechov, puis de Vladimir Gardine. Il participe à trois films réalisés par l’école pour le V.F.K.O.. En 1923, Poudovkine quitte l’Institut d’État du cinéma pour suivre Koulechov, revenu en 1921 du front de la guerre civile, qui fonde son propre « collectif » : le Laboratoire expérimental. Dans le même temps, Poudovkine se marie avec Anna Nikolaïevna Zemtsova, actrice et journaliste. En 1925, il rencontre Anatoli Dimitrievitch Golovnia qui sera l’opérateur et le directeur de la photographie de tous ses films sauf quatre. Poudovkine se sépare de Koulechov et entre à la Mezhrabpom-Rus. Poudovkine commence son premier film, « Les Mécanismes du cerveau ». En octobre/novembre, il tourne « La Fièvre des échecs » durant une interruption du précédent film. L’année suivante, il donne ses premiers cours à l’École d’État de la cinématographie (V.G.I.K.). Il signe en 1928, avec Eisenstein et Alexandrov, le Manifeste sur le contrepoint audiovisuel. Il séjourne à Berlin pour le tournage du film de Fedor Otsep, « Le Cadavre vivant » et la projection de « Tempête sur l’Asie », puis passe par Amsterdam où il donne une conférence pour la Filmliga. Hans Richter organise une réception en son honneur dans la banlieue de Grunewald où parmi les invités se trouvent Walter Ruttmann, Erwin Piscator, Béla Balázs et Asta Nielsen.
Il n’adhère au parti communiste qu’en 1932. Et en 1935, Poudovkine reçoit l’ordre de Lénine pour ses services extraordinaires rendus dans la création et le développement du cinématographe soviétique. Mais cette même année, Poudovkine, qui s’est pris de passion pour la conduite automobile, est victime d’un accident qui coûte la vie à son scénariste. Malade dans les années suivantes et retenu de ce fait loin des studios, il se consacre alors à des ouvrages théoriques et enseigne la mise en scène au VGIK (ex G.I.K devenu Institut supérieur du cinéma). En 1944, Poudovkine forme avec Eisenstein et Guerassimov au sein de la VOKS un comité de liaison avec les attachés cinématographiques des pays alliés. Il connaît alors des difficultés avec la direction du Cinéma, qui impose notamment un remaniement profond de « l’Amiral Nakhimov ». Grâce à sa notoriété au sein du milieu du cinéma soviétique, il participe le 29 septembre 1949 au congrès international de la critique à Pérouse sur le thème : « Le cinéma d’aujourd’hui reflète-t-il les problèmes de l’homme moderne ? ». Dans les années suivantes, il parvient aussi à effectuer un voyage en Inde, puis, de retour en Italie en 1951, Poudovkine confronte ses conceptions artistiques à la Renaissance italienne et notamment à l’œuvre de Michel-Ange.

TEMPêTE SUR L’ASIE

1928

muet stfr

90'

Baïr est un nomade qui se rend au marché pour vendre une fourrure admirable. Une fois sur place, un acheteur européen l’oblige à la lui vendre pour une poignée de pièces, mais Baïr refuse. Un combat s’ensuit et le nomade doit se réfugier dans les montagnes. Plusieurs années se passent. Au début des années 1920, la Mongolie est occupée par l’armée britannique (d’après le synopsis seulement). Dans ce climat de guerre civile, Baïr est fait prisonnier pour avoir rejoint la résistance. Il est condamné à mort. On découvre alors sur lui une ancienne amulette ayant appartenu à Gengis Khan et Baïr est alors reconnu comme héritier du grand empereur Moghol. Il est alors instrumentalisé pour détourner le peuple du communisme, mais il parvient finalement à défaire les liens qui l’enchaînent. La scène finale le montre à la tête d’une fantastique chevauchée.

MAT

1926

muet stfr

90'

Durant l’hiver 1905, lors de la Révolution russe, une femme — la Mère —, forcée de prendre parti lors d’une grève, doit choisir entre la fidélité qu’elle éprouve pour son mari, corrompu par les patrons afin d’obtenir son soutien, et son fils bien-aimé, un travailleur qui sympathise pour la cause des grévistes.

LE DéSERTEUR

1933

vostfr

95'

Karl Renn, ouvrier des chantiers navals de Hambourg et membre du Parti communiste d’Allemagne, est chargé par l’URSS d’organiser une grève générale et de faire pression sur les employeurs. Lorsque la grève commencent, plusieurs bagarres ont lieu avec la police. Après un mois de grève, de nombreux ouvriers sont déjà tellement épuisés qu’ils deviennent des briseurs de grève. Un affrontement armé a lieu, auquel même la femme de Karl prend part ; mais lui-même reste à la maison par lâcheté. Il est néanmoins envoyé comme délégué du parti, avec quatre camarades, à une réunion en Union soviétique. Il y reste, travaille dans un haut fourneau et est enthousiasmé par le système communiste. Quelques semaines plus tard, il apprend que le chef de son parti à Hambourg a été tué. Il retourne alors en Allemagne pour poursuivre la lutte des travailleurs.